Mamac : visite «Autour du legs Berggreen» et Xavier Theunis

février 5 | Art / Culture

People Act Magazine / Février 2014

Depuis un mois, le Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de la ville de Nice permet de découvrir, dans une exposition temporaire, un important legs d’un collectionneur privé danois : Henrik Berggreen. En parallèle, la galerie contemporaine propose un approfondissement des œuvres de Xavier Theunis. People Act Magazine vous donne son point de vue.

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C’est avec un certain a priori que nous sommes allés observer la nouvelle exposition temporaire du Mamac «Autour du legs Berggreen» visible jusqu’au 1er juin 2014. A priori, car depuis l’exposition Wim Delvoye en 2010, ce musée de la ville de Nice ne nous invitait plus à découvrir une exposition jugée novatrice. Il y avait pourtant bien eu, entre autres, «La couleur en avant» en 2011, «Klein – Byars – Kapoor» en 2012, ou encore «La quatrième dimension» en 2013. A priori enfin, surtout parce que depuis l’hommage consacré à Matisse du 21 juin au 23 septembre 2013, ainsi que sa prolongation d’un mois, nous étions impatient que le Mamac accueille un ou plusieurs artistes controversés à l’instar de Wim Delvoye qui avait suscité à l’époque l’étonnement avec ses cochons tatoués empaillés.

Car une fois de plus, avec le legs Berggreen, le Mamac met en exergue l’école de Nice avec des œuvres rentrant dans la ligne directrice «classique» du musée. Certes, presque tous les artistes présentés ont déjà exposé au Mamac. Certains font partis du fonds permanent, mais il faut l’avouer, la collection d’Henrik Berggreen ouvre des questionnements intéressants.

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Le Mamac vient de recevoir un legs important : près de 70 œuvres d’un collectionneur privé danois, Henrik Berggreen. Estimé à 700.000 euros, l’exposition est complétée de pièces prêtées par des artistes, des collectionneurs, des galeries et des institutions de la région.

Nos coups de cœur 

Parmi les œuvres dévoilées, il est intéressant de se focaliser sur le travail de Jean-Charles Blais présent dans la première salle de l’expo temporaire. Figure de proue de la figuration libre avec ses peintures sur affiches déchirées, attardez-vous sur ses expérimentations de dessins représentants des pièces de vêtements et de patrons déshumanisés. Des prédispositions pour l’univers de la couture qui n’est pas un hasard puisque le Nantais a collaboré avec Jean-Charles de Castelbajac.

Dans la deuxième salle, nous avons été conquis par les œuvres de François Morellet. Son travail est paradoxal. Il fait la part belle à la rigueur mathématique et au hasard. Dans la lignée des artistes hors cadre, il est l’un des dignes représentants de l’abstraction géométrique.

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Les multiples changements d’ambiances tout au long de cette exposition sont louables et particulièrement mis en valeur dans la salle mettant à l’honneur les œuvres de John Armleder. Lui aussi met en avant la géométrie, mais il a l’ingéniosité de ne pas placer l’œuvre d’art en tant que tel. Ses peintures font ainsi office de tapisserie dans un décor design avec, par exemple, des fauteuils globe seventies.

Xavier Theunis: «Non peut-être»

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Enfin, nous avons été agréablement surpris par le plus jeune artiste du legs d’Henrik Berggreen mis en avant dans la galerie contemporaine : Xavier Theunis. Cet ancien élève de la Villa Arson utilise l’adhésif comme outil de travail, un matériau de la communication ou de la décoration.

Dans une thématique encore très géométrique et minimaliste, les œuvres semblent parfois ébauchées, brutes, dissimulées offrant au visiteur un jeu de cache-cache. En créant un ilot central, Theunis propose une véritable mise en abyme. A l’intérieur, vous y apercevrez des œuvres conçues et réalisées par d’autres artistes à la manière de Xavier Theunis.

Article paru sur People Act Magazine / 23 février 2014

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